jeudi 7 novembre 2013

DONGCHUAN - JIANSHUI - JINPING


De retour à Kunming, nous faisons une excursion de deux jours, dans la province de Dongchuan (la ville principale est Lexiaguo sur la carte).

C’est une région vallonnée de terres à la couleur très rouge
 (dûe à la présence d’oxyde ferrique).
C’est la meilleure période pour observer ces paysages, car une partie des champs viennent juste d’être labourés.
Le rouge de la terre ressort d’autant plus que les champs autour sont encore verts.

Cela donne un kaléidoscope de couleurs incroyables :
non, ce n’est pas un tableau, mais bien une photo d’un paysage réel !!
L’étape suivante est la Forêt de Pierres de Shilin.
C’est l’une des merveilles naturelles du Yunnan, classée par l’Unesco.
Elle consiste en un ensemble de pitons rocheux karstiques,
répartis sur une superficie totale de 26 000 ha.

Il y a 270 millions d’années environ, la mer recouvrait cette région.
Les fonds marins, une fois découverts, ont subi une lente érosion due à la pluie et au vent.

Cela donne au relief des formes étranges comme ces draperies...

mais aussi parfois des structures menaçantes !
Notre voyage se poursuit en direction du sud avec une étape à Jianshui.
La nuit est prévue chez « l’habitant », dans une maison traditionnelle du village de Tonshuan.
La porte d’entrée est imposante et conduit, à travers un dédale, à plusieurs cours.

La cour des visiteurs est entourée de bâtiments en bois magnifiquement ouvragés.
Par contre, le confort est plus que sommaire :
lits très durs, une planche comme sommier, et un semblant de mousse de 2 à 3 cm d’épaisseur (mais c’est la règle générale en Chine !).

Au petit matin, le pont du Double Dragon apparaît comme une estampe « chinoise » dans la brume !

Face au soleil, il resplendit de lumière.

La porte Chaoyang, d’époque Ming, présente une similitude frappante
 avec la porte de la Paix céleste, à Beijing.

Sur la place, devant cette porte, des hommes se rassemblent
pour acheter ou vendre des oiseaux « chanteurs ou siffleurs ».

 L’entrée du temple de Confucius est un énorme portique,
à l’architecture très sophistiquée.

Le savant et lettré Confucius a fortement influencé la société chinoise.
Il est toujours vénéré de nos jours, et certains viennent brûler 3 bâtons d’encens,
pour que le « savoir » descende sur tous leurs proches.

La philosophie du Maître se résume à une morale qui met surtout l’accent sur le civisme et le respect des traditions (respect aux anciens, respect de la femme pour son mari et des enfants pour leur père…très conservateur de nos jours !).

En descendant plus au sud, jusqu’à Jinping, nous approchons de la frontière avec le Vietnam.
Une fois de plus, nous longeons un grand fleuve d’Asie. Celui-ci  va se jeter dans la mer près de Hanoï. Vu sa couleur, tout le monde a reconnu… le « fleuve Rouge » !

Pour désenclaver cette région et en même temps faciliter les échanges avec le Vietnam, le gouvernement chinois a considérablement développé le réseau routier.
Un énorme viaduc franchit le fleuve Rouge.

Les villages ne sont plus isolés et bénéficient (un peu !) des retombées du développement économique. Ainsi, il n’y a plus de maisons traditionnelles en bois et bambou sur pilotis, comme de l’autre côté des frontières. Les maisons sont en dur, avec les commodités modernes : eau courante, électricité, tout à l’égout…et motoculteurs !
La population est composée de minorités ethniques qui sont établies, ici, depuis des siècles.
Elles voient arriver le modernisme, et surtout l’invasion de la civilisation chinoise Han.
Leur challenge est de concilier leurs traditions avec le monde moderne qui s’impose à elles.
Même les femmes (en costume traditionnel) travaillent à la construction des maisons !

Les échafaudages en bambou sont plus que sommaires,
 et les ouvriers ne semblent pas à l’aise !
Les rizières en terrasse de Jinping sont belles et grandioses.

                        Des buffles d’eau se trouvent au milieu de cet immense patchwork.
Le marché de Jinping est le lieu de rencontre et d’échanges des différentes ethnies de la région.


Les Yao ont des habits brodés très colorés et un beau chapeau !



Les Miao portent des jupes par-dessus leurs vêtements.



Les Dai  se reconnaissent à leurs habits sombres teintés à l’indigo.


LIJIANG - SHANGRI LA - DEQIN


LIJIANG
En 1996, un tremblement de terre secoua la région de Lijiang, faisant plus de 300 morts et 16 000 blessés. Le gouvernement chinois constata la résistance au séisme des habitations naxi et dépensa des sommes colossales pour la reconstruction, en respectant l’architecture traditionnelle.

Le district de Lijiang a ainsi été classé au patrimoine mondial de l’Unesco en 1999.
La ville est un dédale de ruelles pavées, de canaux et de vieilles maisons en bois.

Lijiang est la capitale du pays naxi, une minorité ethnique aux traditions matriarcales
 et aux costumes particuliers pour les femmes (décorations dans le dos).

Forte de sa notoriété, la ville reçoit plus de 10 millions de visiteurs chaque année, principalement des chinois. Elle fait surtout station touristique avec tous ses commerces, restaurants et hôtels.
Des flopées de touristes déambulent dans les rues, et parfois de jeunes et jolies « minettes » qui ne laissent pas insensible Robert !

Au-dessus de la ville s’élève une pagode pour donner quand même un côté spirituel
 à cette vaste foire commerciale.

La famille Mu a régné pendant 22 générations sur toute la région naxi,
occupant un palais genre « mini cité interdite ».

Dans le parc de L’étang du Dragon noir se trouvent les sources qui alimentent la ville de Lijiang.
 Celle-ci est dominée par la Montagne du Dragon de Jade.

Au nord de Lijiang, le fleuve Yangzi (ou Yang Tsé Kiang, le plus long fleuve de Chine avec ses 6 300 kms de longueur), descendu des hauteurs du Tibet, traverse des gorges spectaculaires. Leur nom, Gorges du tigre, provient d’une légende, celle d’un tigre qui aurait franchi d’un bond le Yangzi pour échapper à un chasseur
(peut-être en prenant appui sur le rocher au milieu ?). 
En tout cas, il vaut mieux ne pas tomber dans le très fort courant !

SHANGRI LA

A 3 160 m d’altitude, Shangri La est la première étape de l’une des routes vers le Tibet.
Son atmosphère change du reste de la Chine, car on y ressent déjà une forte influence tibétaine :
 la population est à 45% tibétaine, mais les Han y sont de plus en plus omniprésents !  

Un auteur britannique, James Hilton, a écrit en 1933, un roman intitulé « Les Horizons perdus » dans lequel il racontait avoir découvert un monde idéal, une sorte de paradis perdu.
 Ce pays n’a jamais été retrouvé, et en 2000, les autorités chinoises ont décrété, tout simplement, que c’était la ville de  Shangri la ! Pour accompagner l’afflux de touristes que cela a généré, Pékin a mis le « paquet » pour y développer les infrastructures (routes, buildings…) !!
Des fermes tibétaines ont la vue sur les nouveaux immeubles !

La ville de Shangri La est très touristique (essentiellement des touristes chinois),
 mais le centre-ville a été développé en respectant l’architecture traditionnelle.

Le soir, des danses collectives tibétaines ont lieu sur la place.

Nous faisons une excursion dans la campagne à la découverte d’un village tibétain…
Les maisons sont très grandes avec une cour fermée.

Le rez-de-chaussée est traditionnellement dévolu aux animaux domestiques,

 et l’étage à la partie habitation (remarquez le poêle au milieu de la pièce).
Il n’y a donc pas de chauffage général…et dans nos hôtels non plus !
Une fois le soleil couché, il fait froid, et dans les chambres la température oscille entre 10 et 13°. Heureusement, il y a des couvertures chauffantes !!

Les femmes portent des habits adaptés au climat.

Le temple du village permet à la population de pratiquer le bouddhisme du Dalaï-Lama.

A l’intérieur, il y a bien sûr une grande statue de Bouddha et à côté une photo du Dalaï-Lama
 (ce qui est interdit en Chine !).

A proximité de Shangri La, le monastère Songzanlin est adossé à une colline et entouré de maisons traditionnelles.
Construit en 1 679 par le cinquième Dalaï-Lama,
 il fait partie des 13 grandes lamaseries de la secte des Bonnets jaunes.

Au centre se trouve la grande salle de prière où peuvent se rassembler de très nombreux moines. L’extérieur est déjà richement décoré, mais l’intérieur l’est davantage
 (malheureusement pas de photo, et…on n’y voit pas la photo du Dalaï-Lama !).

Les autres bâtiments sont aussi très impressionnants, avec une architecture typique
 (rappel du temple des Lamas de Beijing).

L’ensemble est spectaculaire, mais reste néanmoins un peu froid : cela fait plus monument historique que monastère en activité. Nous n’avons vu que quelques moines et pourtant il y en aurait 4OO, voire plus. Il faut dire que les moines tibétains ne sont pas en odeur de « sainteté » dans ce pays.

DEQIN (Montagne Meili)
En remontant en direction du Tibet, nous longeons le Yangzi, qui, ici, fait un magnifique méandre, appelé « deuxième virage du Yangzi ».

La route s’élève peu à peu dans un paysage somptueux, domaine des yacks qui ne peuvent vivre qu’au-dessus des 3 OOO m.





Tout comme le Yangzi, le Mékong prend sa source au Tibet.
 Ces deux fleuves, parmi les plus grands d’Asie, sont énormes lorsqu’ils arrivent à la mer…
Ici, c’est le Mékong qui coule tout au fond d’une profonde vallée,
 surplombé par un village installé sur un petit plateau, à mi-hauteur.

Au passage d’un col, des drapeaux de prières égrènent des mantras au gré du vent.
L’altitude du col est quand même de 4 292 m !!
(on s’essouffle vite en allant prendre des photos !).

La ville de Déqin (Montagne Meili sur la carte), située à 3 600 m d’altitude,
 est l’un des derniers avant-postes avant le Tibet.
Elle est face à la chaîne de montagne dont le nom en tibétain
 signifie « white snow mountain » (Meili en mandarin).

C’est en quelque sorte la chaîne du Mont Blanc local,
 sauf que le sommet le plus haut culmine à 6 740 m d’altitude !
Les Tibétains représentant plus de 80% de la population, considèrent que cette chaîne de montagne est sacrée et en interdisent les ascensions.
Il y a 13 sommets de plus de 6 000 m, tous inviolés, et représentés par les 13 stupas.

Nous faisons une randonnée (16 km et 700 m de dénivelé à 3 OOO m d’altitude…pas si facile !)
 pour approcher un glacier.

Ici, comme ailleurs, le réchauffement a fait fondre le glacier en laissant la roche nue sur les côtés.

Notre itinéraire dans le nord-ouest du Yunnan s’arrête là.
Plus loin, c’est le Tibet mais c’est encore la Chine !
 Officiellement, c’est une province « autonome ( !) » chinoise.
Pour y pénétrer en tant que touriste, il faut un visa spécial.
Nous redescendons sur Kunming par un train de nuit
et poursuivons notre voyage dans le sud Yunnan.