mardi 20 novembre 2012

TODOS SANTOS


   La suite de notre périple nous emmène de Nebaj (2000 m d’altitude) à Todos Santos (2400 m) à travers les montagnes centrales du Guatemala.


Les forêts de résineux alternent avec les cultures.


De profondes vallées entaillent les montagnes.


Un haut plateau à la végétation rase est propice à l’élevage de moutons.

Nous descendons dans une magnifique vallée habitée, pour rejoindre le village de Todos Santos.

Vue générale du village très étendu sur les pentes des montagnes.
 Le maïs au premier plan est omniprésent.

C’est jour de marché et la rue de notre hôtel est envahie par les marchands et les passants.

De la terrasse de l’hôtel, nous voyons le marché sous un angle inhabituel.

Todos Santos est peuplée de Mayas Mam. Bien sûr les femmes portent de beaux habits…

 Mais une fois n’est pas coutume, les hommes sont bien plus remarquables dans leur tenue rayée à dominante rouge : la chemise a un large col finement tissé et l’ensemble avec le pantalon et le chapeau est plutôt original.

Les petits garçons portent le même costume.

Comme ailleurs, les hommes ont tendance à se rassembler entre eux.


Nous avions prévu d’être à Todos Santos le jour du marché
(un de plus… sans doute l’avant-dernier !)

Le marché se tient sur la place de l’église et dans les ruelles alentour.

Les maisons traditionnelles sont comme celles de Nebaj avec leur terrasse devant.


   Mais, partout dans la vallée, et dans le village même, il y a de belles maisons modernes parfois cossues. Elles ont été financées par des villageois expatriés aux U S A (c’est l’eldorado pour les gens d’ici). La frontière mexicaine est toute proche, mais déjà difficile à franchir…  alors la route est longue avant d’arriver aux States ! (comme immigrants clandestins !)

Un migrant qui espère passer inaperçu…

   Comme vous pouvez le constater sur les photos, nous avons un temps ensoleillé : ciel bleu le matin, quelques nuages l’après-midi (une seule matinée de bruine à Chajul). Nous sommes en montagne à plus de 2000 m et nous n’avons pas chaud car c’est le début de l’hiver. Au soleil, ça va, mais le soir et la nuit, c’est froid !(les températures varient d’environ 20° à 4° au plus bas). Nous dormons avec des tas de couvertures car il n’y a pas de chauffage … mais dans quelques jours ce sera la chaleur tropicale.

   Pour manger, nous avons trouvé une petite gargote (cuisinière à bois locale, en béton) : le soir, une bonne soupe bien garnie (même pour Janine !) et au petit déjeuner, l’assiette de la photo contenant œufs brouillés, riz, frijoles, fromage de brebis et tortillas de maïs dans la corbeille ! ( mais pas pour Janine !)

La dernière étape de ce périple Maya va de Todos Santos à Quetzaltenango.
 Sur le trajet, un mirador offre une magnifique vue depuis la sierra « Los Cuchumatanes » où nous étions.

Au mirador, se trouve un mémorial en l’honneur d’un poète exilé qui a glorifié ces montagnes :
deux gamines nous déclament l’un de ses poèmes.

Le début du poème pour « les plus forts » en espagnol

Pour tous, les maximes…

« A barriga llena, corazón contento »

« A ventre plein, cœur satisfait (ou content) »

« Del plato a la boca se cae la sopa »

« De l’assiette à la bouche, la soupe tombe »

Les nouvelles :

« Tragarse el orgullo no causa indigestión »

« La sabiduría es el único bien que no se pueden llevar los ladrones » 

dimanche 18 novembre 2012

NEBAJ


   Nous partons pendant quatre jours à la découverte de l’Altiplano, en faisant une boucle par le nord, de Chichicastelnango jusqu’à Quetzaltenango. La plupart des touristes et tour-opérateurs se limitent à ces deux villes bien desservies par des minibus touristiques. Nous avons un peu de mal à organiser notre périple au niveau des transports et devons aviser d’étape en étape. Mais l’intérêt est que nous sommes totalement hors des sentiers battus et que nous découvrons le pays Maya en profondeur.
   Coincés au fond du bus, nous avons du mal à voir le paysage à travers le pare-brise ou les vitres latérales !

   La population de cette région est constituée de 23 ethnies mayas distinctes ayant chacune leur propre dialecte. Elles ont conservé leurs traditions préhispaniques. Nous constatons que la population locale parle sa langue et non pas l’espagnol. Ici, ils sont chez eux et vivent à leur façon, mais s’ils se déplacent en ville, ils sont sujets au racisme et ont peu « d’importance ». C’est le cas de toutes les minorités ethniques dans le monde sauf qu’ici la minorité est une majorité (plus de 60 % de la population du pays!).

   Après les Mayas Quichés de Chichi, nous découvrons les Mayas Ixils de Nebaj et de ses environs plus au nord (l’étape suivante sera Todos Santos).

   Le soir de notre arrivée, le lycée local fête la remise des prix de la fin de l’année scolaire. Cela se fait à l’américaine et nous pouvons voir les jeunes diplômés repartir accompagnés de leurs parents, amis et famille : les habits de gala sont de sortie.


Le lendemain, nous passons devant une maison décorée pour fêter le nouveau bachelier.

Le temps est à la pluie mais nous allons quand même voir un autre marché à Chajul.
 Regardez bien les coiffures des femmes enjolivées par des pompons multicolores.





Nous parcourons les rues du village.

Les maisons traditionnelles sont construites en adobe (terre) et recouvertes de tuiles rouges.

Une jeune fille tisse devant sa maison (image très fréquente dans les villages).

Nous achetons ce beau tissage qui sert de châle.

Nous revenons à Nebaj passer le reste de la journée.

Dans l’après-midi, la grande place devant l’église est ensoleillée et animée.

C’est un ravissement d’observer les femmes avec leurs jupes rouges et leurs huipiles brodés.

Elles arborent des chevelures sophistiquées et décorées de longs rubans.

Les femmes portent leur bébé à l’aide de leur châle
(certaines mamans le font en France, n’est-ce-pas Florence, Viviane… ?)

Dans un quartier, des fidèles se rendent à l’office religieux d’une église évangélique.

Les Mayas sont de petites tailles : Jean les dépasse d’au moins 20 cm !

Nous sommes, l’instant d’une photo, les Pachas de Nebaj.


Et l’espagnol…

« El licor mata lentamente, yo…no tengo prisa »

«  L’alcool tue lentement, (mais) moi…je ne suis pas pressé ( !) »

« De un tiro mata dos aves »

Littéralement « D’un tir tue deux oiseaux » à rapprocher de l’expression « d’une pierre deux coups »

Les nouvelles :

« A barriga llena, corazón contento »

« Del plato a la boca se cae la sopa »



  

vendredi 16 novembre 2012

CHICHICASTELNANGO


   Nous partons pendant quatre jours à la découverte de l’Altiplano : première étape, la ville de Chichicastelnango.
   Nous constatons que les Mayas ont effectivement mélangé allègrement  leurs croyances ancestrales au catholicisme importé. Sur les marches noircies de l’église de Chichi, se déroulent d’étranges rituels : encensoirs, bougies, prières, foyer de braises à offrandes …



Des étalages permettent d’acheter les offrandes
   Sur une colline a lieu d’autres cérémonies. L’idole en pierre est entourée de croix. Des fidèles viennent y déposer des offrandes pour la fertilité de la terre.

Vues de la colline, les tombes très colorées du cimetière.

   La ville de Chichi est peuplée par les Mayas Quichés, l’ethnie la plus importante de l’Altiplano. Il s’y déroule les jeudi et dimanche le marché le plus important du Guatemala : plus de 2000 échoppes et des centaines de Mayas venus des environs.

Le jour du marché, les marches de l’église sont envahies par les marchandes de fleurs.

Les tortillas de maïs blanc, jaune ou noir, sont fabriquées et cuites sur place.

Nous achetons un huipil pour éventuellement décorer notre maison.

Dans le pays, il n’y a pas de mendicité, et nous (les touristes) ne sommes pas du tout dérangés. Pour gagner leur vie, certains enfants sont cireurs de chaussures.

   Les Mayas ont été les grandes victimes de la guerre civile qui a opposé les gouvernements conservateurs et le pouvoir militaire à la guérilla rurale (de tendance révolutionnaire comme tous les mouvements insurrectionnels des pays voisins : Mexique, Nicaragua).

   Une fresque murale retrace cette histoire tragique :

1ertableau : les Mayas vivent heureux, en harmonie avec la terre, le soleil, la lune et le maïs (l’homme a été créé à partir de la pâte de maïs)


2èmetableau : scène de massacres de paysans mayas suspects de sympathie révolutionnaire

3èmetableau : la vie moderne atteint les Mayas : ordinateur, écoles …

Nous avons cette fois fait un article court (sur Chichi seulement), car nous bougeons souvent et cela nous est plus facile de les faire courts et peut-être (?) plus régulièrement.

Nous n’oublions pas l’espagnol et nous donnons les traductions…des dernières :

« Caliente la comida y bien fria la bebida »

« Chaude la nourriture et bien froide la boisson »


« La diplomacia es el arte de saber lo que no se debe decir »

« La diplomatie est l’art de savoir ce que l’on ne doit pas dire »


 « Todo rayo de sol tambien es capaz de crear un desierto »

« Tout rayon de soleil est aussi capable de créer un désert »


Voici les nouvelles à deviner…


« El licor mata lentamente, yo…no tengo prisa »


 « De un tiro mata dos aves »


Indication : le verbe matar a donné le nom matador….